ACADEMIY DU GALO

Académie du Gallo




La Pepineray: Sac


SAC


Le latin saccus avait déjà pour acception sac, besace ou vêtement de crin grossier sans doute parce que cette matière servait à confectionner les sacs.
   On le voit, son sens n’a guère varié au cours des siècles, pas plus en gallo qu’en français. Par rapport à son sens français, il est cependant concurrencé par pouche en gallo.

Sac est sans doute d’un sens plus large de par la matière qui le compose.
   En effet, pouche se retreint plutôt au sac de jute alors que sac est moins restrictif sur ce plan.
   Pour preuve, on parle du sac de la vache pour désigner son pis, surtout lorsqu’il est plein. On parle aussi de sac a diabe en présence d’un fatras.

Les expressions figurées reprennent aussi le thème du sac. Doner son sac à quelqu’un, c’est le congédier, le mettre à la porte.
   D’autre part, on doit rendr le sac e la corde lorsqu’on est contraint de payer jusqu’au dernier centime.

Voilà pour le contenant.

On a pour contenu plutôt saqey que sachey, ce qui induit que la graphie normalisée du gallo serait saq plutôt que sac.
    Mais nous avons cependant quelques dérivés en ch-. Une femme qui met en sac est une ensachoere.
    Le grain qui approche de la maturité se met à dessacher (épier, sortir de l’épi ; c’est vrai surtout pour l’avoine).


Comme contenant, nous avons aussi le bissac (la besace). Quand il ne reste rien d’autre à faire, on prend le bissac pour aller mendier.
    Son contenu est une bissachey. Cependant, tous ces dérivés paraissent plutôt être apportés par le français.

Revenons d’ailleurs à ce bissac pour apprendre que lorsqu’en français, on change le fusil d’épaule, en gallo, c’est le bissac qu’on chanje d’épaone.


Ceci dit, les autres dérivés s’établissent plutôt à partir de l’occlusive /k/. Nous avons vu saqey dont le sens peut aussi s’étendre à cuite, biture.
    On connaît aussi saqier (ou saqetier) dont la fonction consistait à porter les sacs de minerai ou de charbons dans les forges ou hauts-fourneaux. Les dits sacs avaient été auparavant fabriqués dans une saqeriy.


Les engrais, notamment phosphatés, nous sont venus initialement dans des saqhins qui étaient des sacs de jutes dont la grande utilité s’est avérée dans le monde agricole.
    Même après avoir été vidé de leur contenu, la saqhiney, ils étaient repris pour se protéger de la pluie en faisant se rejoindre par l’intérieur les deux pointes du fond du saqhin.
    Le contenu du sac, saqhiney disions-nous, peut aussi voir s’affaiblir la voyelle centrale en élargissant son sens (la mere avaet perdu ûne saqheney de louiz d’or).


Même s’il est pratiquement inusité, le diminutif sacot est bien attesté. Mais on le connaît plus par son contenu, la sacotey qui se définit comme étant le contenu d’un petit sac.


Sac a aussi un féminin peu connu saqe, qui désigne un navire de pêche tirant derrière lui un filet. N’a t-on pas là la définition du chalutier ? Cependant, ce dernier terme, originaire de l’Ouest également, a largement supplanté celui-ci.


En raison de son emploi entravé par son quasi-synonyme pouche, on ne connaît guère plus de dérivés à sac.
    Néanmoins, son développement se prolonge à travers le verbe saqer qui lui est subséquent et que nous reprenons par ailleurs.